Gerbert d’Aurillac

Script BD...

 

 

 

 

 


Aller à la rencontre de Gerbert d’Aurillac


GERBERT D’AURILLAC

 

ou

 

Construire l’Europe de l’an 1000.

 

 

Script de bande dessinée libre de tous droits

et réalisé par Jean-Claude Le Moignic

 

 

 

 

 

Distribution :

 

 

 

- Moine à l’abbaye de Saint Géraud

 

- Ecolâtre de Reims

 

- Ami d’Otton Ier, Empereur du Saint Empire Romain

 

- Précepteur d’Otton II, Empereur du Saint Empire Romain

 

- Secrétaire d’Adalbéron, Archevêque de Reims

 

- Abbé de l’abbaye de Bobbio en Italie

 

- Précepteur de Robert, fils de Hugues Capet

 

- Secrétaire de Hugues Capet

 

- Archevêque de Reims

 

- Secrétaire d’Otton III, Empereur du Saint Empire Romain

 

- Archevêque de Ravenne

 

- Pape, sous le nom de « Sylvestre II »

 

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

 


 

Nota Bene :

Pour une meilleure compréhension des dialogues, l’auteur a dû recourir aux bulles, sachant que

Gerbert d’Aurillac, devenant Pape sous le nom de Sylvestre II en l’an 999, rédigea ses propres bulles.

 

 

 

 

*   *   *

*   *

*

 

 

 

 

En recherchant l’unité politique de l’Europe,

les Grands de ce monde, de Charlemagne à Otton III,

ont souvent jalousé le prestige de la couronne impériale,

qui au delà des titres, des frontières et des siècles

a marqué notre civilisation d’hier et d’aujourd’hui…

 

 

 

 

 

 

 

 Vue d’un paysage de montagnes anciennes avec un bourg dans le creux d’une vallée, laissant le clocher de l’église pointer vers le ciel (vue de carte postale avec un paysage pittoresque…).

 

Tandis qu’en l’an de grâce 967, les monts auvergnats veillent paisiblement sur le bourg d’Aurillac…

 

 


On entre dans le bourg par une rue animée, bordée de maisons à colombages et de boutiquiers, avec au bout de la rue la place de l’église.

 

*  Et voilà votre saucisse aussi prestement que toutes ces gens qui courent vers le parvis !

*  C’est que le nouveau Duc des Marches d’Espagne et Comte de Barcelone s’en vient prier à l’abbaye* et que le Père Abbé est venu l’accueillir.

 

* Abbaye fondée en 894 par St Géraud, Comte d’Aurillac, et rattachée plus tard à l’abbaye de Cluny fondée en 910.

 

 

 


Place de l’église, du monde, des saltimbanques accueillent le comte.

 

*  (le Comte) Rarement je n’ai reçu autant d’acclamations, Père Abbé ! Qu’en votre compagnie, il me soit permis d’honorer votre prestigieuse abbaye.

*  (le père Abbé) Mais votre présence ici, Seigneur Borrell, y contribue déjà tout comme elle a contribué à asseoir la réputation de l’abbaye de Vich*.

 

* en Catalogne

 

 


*  (le Comte) L’évêque Hatton est un grand maître, et son enseignement, il est vrai, va bien au delà de la vraie foi…

*  (le père Abbé) Dieu vous écoute et Dieu me parle, Seigneur Borrell,… car il serait heureux pour notre abbaye de faire instruire un de nos moines que vous pourriez emmener. Qu’en pensez-vous ?

 

 


Le Duc accepte et sur proposition des frères clunisiens de l’abbaye, un moine remarqué pour sa soif de connaissances est choisi. Né vers 945 à Aurillac et d’origine modeste, il s’appelle Gerbert.

 

 


 Gerbert, dans une grande bibliothèque, y découvre des ouvrages d’exception…

 

- Certes, les auteurs classiques ne meurent jamais… Il suffit de lire Virgile, Horace et Térence pour s’en convaincre. Quant à ces traités de Boèce sur la rhétorique, on retrouve Aristote en filigrane. Et que penser du grand Isidore de Séville et de Cassiodore !… Rome a su si bien conduire de nombreux peuples, que l’assimilation de sa civilisation l’a faite universelle…

 

 


Gerbert, dans une autre pièce, construit des globes terrestres avec les pôles, l’équateur, les tropiques, les parallèles…

 

- La sphéricité de la terre est un sujet bien connu des savants depuis Eratosthène,

  mais certains finissent par en parler avec platitude…(soupir !)

 

 


Gerbert, dans la grande bibliothèque, ne cesse de découvrir de nouveaux livres…

 

*  Ah ! Voici les traductions que j’ai obtenu de ces livres arabes. Leur contenu scientifique sur les mathématiques* , la chimie et la médecine méritait bien qu’on s’y attarde…

 

* les mathématiques comprennent à l’époque l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique.

 


Gerbert conçoit, pour le calcul, un système d’abaques munies de boules.

 


Ainsi, durant trois ans, Gerbert étudie et étend la vision impériale qu’il a de Rome en Occident jusqu’à Byzance, face orientale du prestige impérial.

 

 

 


Le Comte Borrell des Marches d’Espagne semble en grande conversation avec l’évêque Hatton dans le cloître de l’abbaye.

 

- (le Comte) La renommée grandissante de votre Abbaye, Monseigneur, a franchi  

   les Pyrénées et Rome en sera bientôt informé…

- (l’Evêque) Qu’entendez-vous par là, Seigneur Borrell ?

- (le Comte) Je pense que le moment est venu de demander au Pape Jean XIII  

   l’érection de l’évêché de Vich en archevêché…

- (l’Evêque) Certes ! Mais comment amener le Saint-Père à accepter pareil

   dessein ?

- (le Comte) Mais en lui présentant ce qui fait la fierté de votre abbaye, ce moine

   écolâtre* nommé Gerbert.

 

* clerc dirigeant d’une école ecclésiastique ou monastique.

 

 


 Le Pape est si impressionné par la valeur de Gerbert qu’il accède non seulement à cette requête mais envoie un légat prévenir Otton Ier*, roi de Germanie et d’Italie, restaurateur du Saint Empire Romain qu’un extraordinaire phénomène de science est arrivé à Rome.

 

* Empereur depuis 962.

 


Otton Ier assiste à un échange entre le Pape et Gerbert…

 

A Rome, au palais du Latran, alors que le comte Borrell et l’évêque Hatton viennent de se retirer…

 

*  (le Pape) Vraiment, frère Gerbert, pensez-vous que votre soif de connaissances ait des limites ?

*  (Gerbert) L’Homme ne peut grandir qu’en repoussant ses propres limites, et Dieu, seul, connaît les limites de chacun…

*  (le Pape) C’est pourquoi, les vôtres vous appellent auprès de l’empereur ici présent pour y devenir le précepteur de son fils âgé de 16 ans, Otton II*.

*  (Gerbert) Je remercie votre Sainteté de sa confiance et m’engage à servir l’Empereur aussi bien que l’Eglise.

 

* Otton II est associé à l’Empire par son père et couronné Empereur à l’âge de 12 ans.

 


Image du Comte Borrell, seul, quittant Rome à cheval en passant non loin du Colisée…

 

L’assassinat de l’évêque Hatton à Rome le 22 août 971 laisse à Gerbert toute liberté pour rester au service de l’Empereur. Le comte Borrell, lui, regagne l’Espagne.

 

 

 


Gerbert enseigne les mathématiques à Otton II. On peut lire sur un tableau la liste des chiffres arabes (I=1 ; II=2 ;III =3…)

 

En Italie…à la Cour Impériale…

Quand Gerbert n’enseigne pas les mathématiques à Otton II, il continue d’apprendre et découvre la logique* .

 

* la philosophie.

 

 


Des gardes arrêtent un groupe de cavaliers arrivant à la Cour impériale…

 

*  N’ayez crainte ! je suis Gerannus*, archidiacre de Reims, envoyé par le Roi Lothaire** pour porter un message à l’Empereur.

 

* célèbre logicien de l’école de Reims.

** Roi carolingien français.

 


 Image d’un mariage impérial…

 

En l’an de grâce 972, le 14 avril, a lieu à Saint Pierre de Rome le mariage impérial d’Otton II avec la princesse byzantine Théophano…

 


Image d’une grande salle dont les murs sont recouverts de tentures et dans laquelle des amitiés semblent se nouer…

Gerbert, devenu ami du jeune Otton II, se lie également d’amitié avec Théophano et l’impératrice Adélaïde, femme d’Otton Ier…

 

- Ah… Si Rome m’était conté*…

 

* Formule littéraire historique où seul le nom de la ville est appelé à changer…

 


Sur ces entrefaites, Gerbert, ayant appris la présence de Gerannus, va voir l’Empereur…

 

*  (Gerbert) Sire, il semble que mes enseignements approchent les limites de ma réflexion et de mes connaissances. C’est pourquoi, avec votre permission, je souhaiterai pouvoir accompagner Gerannus à Reims pour y parfaire les enseignements que je dispense à votre fils impérial.

*  (l’Empereur) Frère Gerbert, il me semblait pourtant que votre espace intellectuel n’avait pas plus de limites que l’espace géographique du Saint Empire Romain…

*  (Gerbert) Seriez-vous en train de m’inviter à participer à une nouvelle joute intellectuelle, Sire ?

*  (l’Empereur) Les limites du temps, elles, ne me le permettent pas aujourd’hui, mais songez donc, quand halte vous ferez sur la route de Reims, frère Gerbert, à l’universalisme de la pensée dans l’Empire et dans la Chrétienté…

 

 


Gerannus et Gerbert font une dernière halte avant d’entrer dans Reims dont on perçoit au loin une porte fortifiée…

 

Alors que les deux hommes arrivent aux portes de Reims en mai 972, Gerbert évoque ses voyages.

 

*  (Gerannus) Que ces routes sont ma foi bien monotones…

*  (Gerbert) …et parfois étonnantes quand on pense aux nombreuses destinées qui les ont empruntées…

 


 Image d’une carte de l’Europe à l’époque, où l’on voit le trajet parcouru par Gerbert…

 

*  (Gerbert) La mienne, par exemple, m’a conduit d’Aurillac où j’ai grandi, à l’abbaye de Vich… à Rome où j’ai rencontré le Pape… et où l’Empereur m’a permis de vous accompagner jusqu’à Reims…

 


Cette carte de l’Europe est un peu retournée en bas à droite ; Dans cet espace découvert, on peut y lire sur fond noir

« Ici gît OTTON Ier, Empereur du Saint Empire Romain, rappelé à DIEU en Mai 973 ».

 


Reproduction d’une gravure de « l’Empereur Otton II » au bas de laquelle figure la mention « OTTO II IMPERATOR* ».

 

* Otton II Empereur


 


Gerannus, à l’appel de sa destinée quitte, lui aussi , la route des vivants, après avoir enseigné à Gerbert tout ce qu’il connaissait de la philosophie.

 

 


 Dans le magnifique bureau de l’archevêque, Monseigneur et Gerbert semblent en grande discussion…

 

Gerbert est reçu par l’archevêque de Reims, Adalbéron…

 

*  (Adalbéron) Si Dieu a sitôt rappelé à lui Gerannus, c’est parce qu’il veut vous associer à son dessein. C’est pourquoi, par la grâce de Dieu, je vous nomme écolâtre.

- (Gerbert) Je rends grâce à Dieu pour les bontés que Monseigneur me prodigue…

 


Gerbert, à cette nouvelle, s’agenouille et baise la main de l’archevêque…

 


L’archevêque est en prière, seul et à genoux devant une Croix, dont il baise le bois…

 


Dans la grande salle d’études, on peut admirer la pièce où se trouvent quinze pupitres sur lesquels travaillent les moines… on peut d’ailleurs apercevoir trois élèves vus de dos…

 

De toute l’Europe, des élèves accourent pour y suivre les enseignements de Gerbert… Parmi eux se trouvent quelques illustres disciples comme Richer de Saint Rémi de Reims.

 


Cette image est identique à la précédente, mais on peut maintenant y apercevoir sept élèves vus de dos…

L’année dernière, en avril…

 

- (Gerbert) …Ainsi, le Monde a été créé par Dieu à partir du nombre, du rythme et de l’harmonie…

 


Cette image est identique à la précédente, mais on peut maintenant y apercevoir douze élèves vus de dos…

Cette année, en octobre…

 


Le Scriptorium*  étant devenu trop petit pour y recevoir les nouveaux élèves, Gerbert aurait sollicité auprès de sa hiérarchie l’ouverture d’une nouvelle classe…

 

* Salle d’études.

 

 


 Gerbert et Adalbéron conversent dans le cloître… dont les colonnettes romanes donnent sur un charmant jardin…

 

Quand Gerbert n’enseigne pas, il approfondit de nouveaux manuscrits et s’informe auprès de l’archevêque des nouvelles du royaume, de Rome et du Saint Empire…

 

 


Gerbert et Adalbéron conversent toujours dans le cloître… mais, continuant de marcher, ils permettent au lecteur de découvrir un nouvel angle de vue de ce cloître…

En 978…

 

*  (Gerbert) Si Lothaire ne s’était pas emparé d’Aix-La-Chapelle*, Otton II n’aurait jamais songé à mobiliser 100 000 hommes pour libérer la cité impériale…

*  (Adalbéron) Lors, son armée victorieuse a continué sa marche  jusqu’à Paris, prenant sur son passage notre belle ville de Reims.

 

* Patrie des Carolingiens français depuis Charlemagne mais faisant partie du royaume de Germanie depuis 921.

 

 


Gerbert et Adalbéron conversent toujours dans le cloître… mais, s’arrêtant de marcher un moment, le lecteur peut apprécier la beauté des chapiteaux romans figurant sur les colonnettes…

 

*  (Gerbert) Mais Paris assiégé ne tiendra pas longtemps devant la formidable armée d’Otton II, malgré les défenses mises en place par le Duc Hugues Capet !

 

 


Image d’une formidable armée assiégeant Paris…

 

 


*  (Gerbert) … Je remercie Monseigneur de sa compréhension… et partirai donc demain après les laudes* pour rencontrer l’Empereur...

 

* Prières du matin.

 

 


A l’approche de l’hiver, image de cette formidable armée faisant demi-tour devant Paris…

Quelque temps plus tard…

- (Cris de joie des assiégés) Paris est sauvé !

 


Au delà de l’amitié qui unit les deux hommes, Gerbert prend conscience de l’influence qu’il a conservée sur son ancien élève, Otton II…

 


Image d’un gisant du pape recouvert de sa mitre et s’appuyant sur sa crosse…

A Rome, à la mort de Jean XIII, l’Empereur Otton II fait désigner un nouveau pape, Benoît VII, partisan de réformes, notamment contre la simonie*…

 

* Trafic d’objets sacrés, de biens spirituels ou de charges ecclésiastiques.

 


Image d’Otton II, arrivant avec son armée…

Tandis que des seigneurs tentent de se libérer de la tutelle impériale, Benoît VII demande à Otton II d’intervenir pour rétablir l’ordre en Italie…

 


 Gros plan sur un carrosse se trouvant derrière Otton II ; La voilure étant entrouverte, on reconnaît Théophano avec un bébé de six mois dans les bras… Derrière le carrosse, un cavalier, entouré d’élèves, s’appelant Otric…

Quand Otton II pense à l’Empire, il pense aussi à l’avenir…et se déplace rarement sans quelques illustres personnages, comme Otric*.

 

* Chapelain et ancien écolâtre de Magdebourg réputé pour son éloquence cicéronienne.

 


Image de retrouvailles chaleureuses entre Otton II et ses amis…

Arrivant à Pavie en décembre 980, Otton II retrouve  l’archevêque de Reims Adalbéron et Gerbert, venus en Italie pour des motifs d’administration religieuse…

*  (l’Empereur) Soyez donc mes compagnons de route jusqu’à Ravenne !

 


Image d’un débat public devant Otton II, les élèves d’Otric et de nombreux savants…

La jalousie d’Otric à l’égard de Gerbert étant bien connue, l’Empereur, protecteur des lettrés, saisit l’occasion de la présence des deux grands écolâtres pour organiser une joute philosophique à Ravenne…

 

*  (L’Empereur) Que soit apporté le tableau des parties de la philosophie au frère Gerbert!

*  (Gerbert) Ce tableau ne reflète pas mon enseignement, ô grand César auguste, car sans m’émouvoir de la pâle jalousie des malveillants qui y ont glissé des erreurs, j’y lis des définitions non conformes à la classification de Boèce.

*  (Otric) Comment expliquez-vous l’origine de la philosophie ?

*  (Gerbert) La philosophie a été créée pour nous permettre de connaître les choses divines et humaines.

*  (Otric) Pourquoi vous faut-il tant de mots pour définir la cause d’une seule chose ?

*  (Gerbert) Platon avait défini la cause du monde créé non pas en un mot, mais en trois : bonne volonté divine.

*  (Otric) Mais volonté divine aurait suffi, puisque la volonté de Dieu est naturellement bonne.

*  (Gerbert) Pourriez-vous, par exemple, frère Otric, indiquer d’un seul mot la cause de l’ombre ?

 


Otric, gêné,  ne répond rien.

*  (Gerbert) Je répondrai donc, frère Otric. Je prétends que la cause de l’ombre, c’est un corps placé devant la lumière. Il est impossible d’expliquer cela plus brièvement, car si vous dîtes que la cause de l’ombre, c’est un corps, vous avancez une définition trop générale. Si vous voulez que ce soit un corps placé devant, la définition ne vaudra rien tant qu’elle restera incomplète, car bien des corps placés devant d’autres ne créent pas d’ombre. Il vous faut impérativement préciser devant la lumière…

 


Au terme d’une journée de discussions philosophiques, l’Empereur se lève pour féliciter Gerbert tandis qu’Otric, lui, se retire…

 


 Image d’une grande célébration pascale à Rome…

Adalbéron et Gerbert se joignent à Otton II pour gagner Rome…et fêter Pâques le 27 mars 981 au côté du pape Benoît VII.

 


C’est ainsi, qu’en l’an de grâce 982, et pour souligner la valeur de son ami, Otton II nomme Gerbert à la tête de l’abbaye de Bobbio*…

 

* Prestigieuse abbaye du nord de l’Italie fondée en 590 par l’Irlandais Saint Colomban.

 


Image d’une charrette pleine de paille rentrant dans la cour d’un château…

Bien que l’abbaye ait reçu dès 628 un diplôme de Rome la plaçant sous la protection de Saint Pierre, ses possessions font l’objet de nombreuses convoitises de la part de certains aristocrates laïcs.

- (le seigneur du lieu) Avons-nous séant assez de blé pour l’hiver prochain ?

*  (le charretier) Pour sûr, en voilà plus de bottes dans ma charrette que de bottes de moines dans les champs, seigneur ! Ha, ha, ha…

*   (le seigneur du lieu) Réjouissons-nous ! Des terres de l’abbaye bonne chère nous ferons l’hiver prochain !

 


Image de Gerbert écrivant dans son bureau de l’abbaye… On peut lire un passage de la lettre…

Gerbert a beau se plaindre à Otton II de cette situation, l’Empereur hésite à léser ces aristocrates qui lui fournissent une précieuse aide militaire…

« … Mais quand je vois mes moines se consumer de faim… »

 


Image de troupes et de cavalerie…

C’est qu’Otton II s’apprête à lancer une expédition contre les musulmans d’Italie du sud…

 


Image d’une bataille entre Otton II et les musulmans…

Après sa défaite contre les musulmans en juillet 982 en Calabre, Otton II se montre plus préoccupé de se faire obéir par ses seigneurs et vassaux, que de soutenir son ami Gerbert dans des difficultés propres à l’abbaye de Bobbio.

 


Image de Gerbert construisant un orgue…

Quand Gerbert a un répit, il continue d’étudier de nouveaux manuscrits et se lance dans la construction d’un orgue…

 


Image de Gerbert face à son orgue bien avancé, tandis qu’un moine lui remet un pli…

En l’an de grâce 983, le 7 décembre à Rome, Gerbert perd définitivement son ami l’Empereur Otton II emporté par la malaria*.

 

* Maladie contagieuse due à certains moustiques, appelée aussi fièvre des marais ou paludisme.

 


Image de l’épitaphe d’Otton II.

Epitaphe : « Les Grands ont tremblé sous ton commandement, l’ennemi a supporté ta domination, les peuples t’ont reconnu comme leur père. Otton, toi, la gloire des dieux, illustrissime César.»

 

* Otton II sera le seul Empereur à être enterré au Vatican.

 


Image de Gerbert s’éloignant de l’abbaye de Bobbio à cheval…

Gerbert, privé de l’appui de son souverain et ami défunt, quitte l’abbaye de Bobbio en 984 et retourne à Reims.

 


Image de retrouvailles entre Gerbert et Adalbéron à Reims…

 


 Gerbert devient précepteur de Robert, fils de Hugues Capet…

- (l’épouse de Hugues Capet) Je vous prie d’inculquer à mon fils assez de connaissance des arts pour le rendre agréable au Seigneur par la pratique des saintes vertus.

 


Image de l’Archevêque remettant un enfant de trois ans au Duc de Bavière.

Au même moment en Germanie, le Duc de Bavière Henri*, refusant que la tutelle d’Otton III âgé de trois ans soit confiée aux Impératrices Adélaïde et Théophano, se fait remettre l’enfant par l’archevêque de Cologne…

 

* Henri, dit le Querelleur, cousin germain d’Otton II.

 


Image du Duc se faisant couronné.

… puis se fait proclamer Roi.

 


Image d’une audience entre Lothaire et Adalbéron.

En tant qu’archevêque de Reims et chancelier de France, Adalbéron sollicite une audience auprès du Roi Lothaire.

*  (Adalbéron) Sire, bon nombre d’évêques indignés sont prêts à vous soutenir pour que vous réclamiez la tutelle de l’enfant.

*  (Lothaire) Soit ! Je ne laisserai point la terre de mes ancêtres carolingiens dans les mains d’un usurpateur.

 


Image de Gerbert en grande discussion avec Adalbéron…

En juin 984…

 

*  (Adalbéron) Grâce aux lettres que vous avez adressées aux évêques hésitants, Henri de plus en plus isolé a accepté de rendre l’enfant aux Impératrices.

*  (Gerbert) Certes, mais cet accord conclu à Worms, en dehors de Lothaire, me laisse inquiet…

 


 Image de soldats quittant leurs épouses pour rejoindre l’armée de Lothaire ( la fleur non pas au fusil, mais accrochée à leur épée)…

 

En effet, Henri vexé et Lothaire frustré s’allient en février 985 contre les Ottoniens…

 

*  (un soldat) N’aie crainte, ma mie, le temps d’y aller puis d’en revenir, Verdun sera pris et moi je serai là !

 


Il semble que le retour du guerrier ne soit pas aussi festif que le départ…

Quelque temps plus tard, Henri ne s’étant pas présenté, Lothaire doit rebrousser chemin…

- (l’épouse du soldat) Ah ! Tu peux être fier…avec des chefs pareils, Verdun n’est pas prêt de tomber !

 


Image de l’armée de Lothaire assiégeant Verdun…

Lothaire ne voulant pas rester sur cette humiliation prend soin de mieux préparer cette nouvelle expédition… mais sans Henri.

 


Image de Lothaire victorieux rentrant dans Verdun avec son armée…

*  (Le soldat) Quand je conterai ça à ma mie, c’est elle qui sera fière de moi…

 

 


Image d’Adalbéron et de Gerbert en grande conversation…

 

*  (Gerbert) Oui ! Sans les Comtes* Eudes et Herbert, Lothaire n'aurait jamais réussi…

*  (Adalbéron) …et mon frère Godefroi  et mon neveu ne seraient pas prisonniers…(sanglot)

 

* Vassaux d’Hugues Capet.

 


*  (Adalbéron) Oh Gerbert, pourquoi donc ma fidélité envers Lothaire me semble t-elle de plus en plus pesante et difficile à supporter ?

*  (Gerbert) C’est que Lothaire n’épargne point votre famille et que les courriers qu’il vous contraint d’écrire aux évêques éprouve votre conscience…

 


Image de Gerbert écrivant…

Gerbert, de son côté, écrit aux mêmes évêques pour démentir les propos d’Adalbéron…

 


 Image d’une lettre de Gerbert…

Gerbert réconforte les prisonniers et écrit à leurs familles.

*  (contenu de la lettre) …Le Roi Lothaire est à la tête de la France seulement en titre, car Hugues Capet dirige en fait par son action…

 


Lothaire avec ses conseillers…

Au château de Lothaire…

*   (Lothaire) Adalbéron m’inquiète ! Je le soupçonne de trahison, et je demande qu’il soit entendu par une assemblée.

 


Image d’Adalbéron et de Gerbert en grande conversation…

*  (Adalbéron) Ami fidèle et dévoué secrétaire, je vous remercie de préparer ma défense…

 


Image d’une armée dans la forêt de Compiègne… On aperçoit un château au détour d’un chemin…

 


Image d’une assemblée qui se disperse dans la cour du château…

Apprenant que Hugues Capet, dont le neveu est également prisonnier de Lothaire, marche sur Compiègne avec six cents hommes, l’assemblée se disperse…

 


Image d’un gardien ouvrant une cellule.

Lothaire délivre quelques prisonniers, dont les neveux de Hugues et d’Adalbéron...

 


Image de cloches d’une église dominant la campagne…

De toutes les contrées, le 2 mars 986, on entend les cloches annoncer le règne de Louis V succédant à son défunt père Lothaire.

 


Louis V reprend en 987 les accusations portées par son père défunt à l’encontre d’Adalbéron de Reims.

*  (Louis V) Je souhaite que la volonté de mon père défunt soit respectée.

*  (un conseiller du Roi) Bien Sire, l’assemblée se réunira donc à Compiègne pour juger Adalbéron.

 


Image du Roi tombant de cheval lors d’une chasse…

Quelque temps après, Louis V meurt accidentellement le 22 mai 987 lors d’une chasse dans la forêt de Compiègne.

 


 Image d’une assemblée.

L’assemblée prévue se réunit en mai 987…

*  (un héraut) En l’absence du défunt Roi Louis V, cette assemblée sera donc présidée par le plus noble des princes présents, le Duc Hugues Capet.

 


*  (le Duc) Personne ne s’étant présenté pour soutenir les accusations portées à l’encontre d’Adalbéron, je déclare celui-ci innocent.

- (Adalbéron) Je propose que tous les Grands du royaume ici présents prêtent serment à notre seigneur Hugues Capet et qu’ils se réunissent à Senlis pour choisir un nouveau Roi.

 


Image de Charles de Lorraine rêvant au trône vacant du royaume de France…

Louis V étant mort sans héritier, Charles de Lorraine*, son oncle, est le seul à pouvoir prétendre à la couronne de France.

 

* également vassal de l’impératrice Théophano, tutrice d’Otton III.

 


Gerbert donne le discours qu’il a préparé pour Adalbéron…

- (Gerbert) Tenez Monseigneur, voici le discours que j’ai préparé à votre attention…

 


A Senlis, devant les Grands…

- (Adalbéron) …Au delà du droit d’hérédité, ne pourra être Roi que celui qui se distingue par la noblesse de son corps et la sagesse de son esprit…

 


Image d’une reproduction de la pièce de 10 Francs sortie en 1987 où l’on voit Hugues Capet.

L’élection d’Hugues Capet* en 987 a un tel retentissement en France que 1000 ans après, on frappera encore monnaie à son effigie…

* Cousin germain de Lothaire.

 


Charles de Lorraine, voyant la couronne lui échapper, est furieux…

*  (Charles) J’aurai ma revanche…

 


 Image de Gerbert en discussion avec Hugues Capet…

*  (Gerbert) Sire, La ville de Laon vient de tomber par traîtrise… Charles de Lorraine et son neveu Arnoul* ont emprisonné l’évêque Ascelin.

 

* Clerc et fils bâtard de Lothaire.

 


Image d’un siège (catapultes, béliers, grandes échelles…)

- (un conseiller militaire) Sire, les hommes ne tiennent plus…le froid et la faim sont leur plus dur ennemi.

- (Hugues Capet) Tant que Charles ne se rendra pas, nous ne lèverons pas le siège de Laon !

 


*  (le conseiller militaire) Sire, l’évêque Ascelin s’est évadé ! Il pense que la ville ne résistera pas jusqu’à l’hiver.

 


Image d’une retraite de soldats épuisés devant les remparts de la ville…

Hugues Capet se résigne alors à lever le siège.

*  (Hugues Capet) La force n’ayant pas suffi à faire plier Charles, je compte sur vous, Frère Gerbert, pour convaincre l’impératrice Théophano d’amener Charles à la raison…

 


Image d’une grande tenture noire ornant la grande porte de la cathédrale de Reims…

Mais le 23 janvier 989 à Reims, le glas annonçe la mort d’Adalbéron.

 


Image de funérailles présidées par Hugues Capet et où Gerbert semble effondré…

 


Image plus panoramique de ces funérailles où l’on voit des personnes qui murmurent…

*  (Personne de l’assemblée) J’ai entendu dire qu’Arnoul s’était proposé pour être le nouvel archevêque de Reims.

*  (Personne de l’assemblée) Non ! ? !

- (Personne de l’assemblée) Si, si ! Même qu’en échange, il rejoindrait le camp d’Hugues Capet en lui livrant la ville de Laon…

- (Personne de l’assemblée) Et qu’en pense Hugues Capet ?

*  (Autre personne de l’assemblée) Chhhht…

 


Image d’une assemblée de princes et d’évêques…

Hugues Capet convoque une assemblée afin d’examiner la candidature d’Arnoul.

- (un évêque) Nous avons fait le choix d’Arnoul, fils du Roi Lothaire, après l’avoir réconcilié avec l’Eglise, lui qui était excommunié depuis la prise de Laon.

 


 Image du cloître où Gerbert aimait à converser avec Adalbéron (se reporter aux images précédentes) ; Maintenant, Gerbert marche seul…

Gerbert, lui, reste secrétaire, mais du nouvel archevêque de Reims Arnoul…

 


Image d’Arnoul faisant mine de dormir (semblant même sourire) tandis qu’un homme  dans la chambre s’empare des clefs de la ville…

 


Image de l’homme en train d’ouvrir durant la nuit une des portes principales de Reims…

 


Image de Charles de Lorraine rentrant dans Reims avec son armée…

En septembre 989, Charles de Lorraine rentre dans Reims.

 


Image d’une escarmouche de rue et de soldats emmenant des prisonniers, dont Arnoul et Gerbert.

 


Image d’Arnoul enchaîné sur la place publique et refusant de prêter serment à Charles de Lorraine.

*  (Arnoul) Non ! Jamais je ne servirai la cause des traîtres qui osent piller notre belle ville de Reims…

 


Image de Gerbert et d’Arnoul en prison et visiblement pensif…

 


Image d’Arnoul s’adressant au géôlier…

Arnoul arrêtant de jouer la comédie choisit enfin son camp…

 

*  (Arnoul) Allez, ouvre vite cette grille ! Mon maître Charles de Lorraine m’attend et Reims a besoin de moi…

 


Image de Gerbert tendant une lettre à un moine…

Gerbert, lui, ayant recouvré peu après la liberté remet une lettre à un moine…

*  (Gerbert) La trahison d’Arnoul m’interdit de demeurer son secrétaire… Portes lui cette lettre, l’informant que je romps tout engagement envers lui.

 


Image de Hugues Capet entouré de ses conseillers…

De son côté, Hugues Capet, n’ayant pu convaincre Arnoul de venir se justifier à Senlis, décide d’écrire au Pape Jean XV.

     

Image d’une partie de la lettre

« …C’est donc à vous, successeur des apôtres, qu’il appartient de statuer sur le sort de ce nouveau Judas… »

 


 Image du Pape pensif tournant en rond.

A Rome, il semble que certaines pressions de la Cour Ottonienne en faveur de Charles de Lorraine ne soient pas à exclure…

 


Image de Hugues Capet entouré de l’évêque Ascelin et de ses conseillers en armes…

Quelques mois plus tard en France, alors qu’aucune réponse n’est arrivé de Rome, Hugues Capet décide de reprendre le siège de Laon…

*  (Hugues Capet) La force de notre armée ne suffisant pas à triompher de Laon, la ruse nous mènera à la victoire…

 


Image de Hugues Capet entouré de l’évêque Ascelin et de ses conseillers en armes…

Quelques semaines plus tard…

- (Ascelin) Sire ! Arnoul serait disposé à se réconcilier avec votre Majesté et promet d’intervenir pour obtenir la soumission de son oncle Charles de Lorraine.

 


Quelques jours plus tard, Ascelin est accueilli en grande pompe à Laon par Charles de Lorraine.

- (Ascelin) Sur les saintes reliques, je prête serment de fidélité à mon Seigneur, Charles de Lorraine.

 


Image d’Ascelin et de ses partisans rentrant la nuit discrètement dans le château de Laon. On les voit dans la cour d’honneur ouvrant la porte d’une tourelle…

Quelques heures plus tard…

- (Ascelin) Chhht… faîtes attention aux gardes.

 

 


Image d’Ascelin et de ses partisans quittant le château avec deux prisonniers baîllonnés, Charles de Lorraine et l’archevêque Arnoul de Reims…

Quelques minutes plus tard…

 


 Image de Hugues Capet et de son armée rentrant enfin dans la ville de Laon accueillis par Ascelin…

*  (Ascelin) Sire, la ville est à vous ainsi que Charles de Lorraine et Arnoul de Reims.

*  (Hugues Capet) Que ma reconnaissance vous accompagne, évêque Ascelin. Nos deux prisonniers, eux, vont devoir répondre de leurs fautes devant Dieu et devant les hommes.

 


Image d’une population en effervescence sur la place publique…

Les jours qui passent ne semblent pas calmer le peuple de Reims en effervescence sur la place publique…

 

*  (un quidam) Charles de Lorraine en prison ? ! ? une bonne chose pour la France…

*  (un autre quidam) Mais pour Arnoul, j’ai ouï dire qu’il serait bientôt jugé par d’autres évêques.

*  (un autre quidam) Pour sûr…le Roi ne peut pas juger un archevêque de Reims !

 


Image d’une salle d’audience, où l’on voit Hugues Capet entourés d’évêques, Arnoul de Reims, Gerbert et de nombreux clercs…

C’est dans une ambiance tendue, que s’ouvre le 17 juin 991 le procès d’Arnoul à l’abbaye Saint-Basle, non loin de Reims…

 

*  (Hugues Capet) Qu’il me soit permis de remercier tous les évêques du Royaume qui ont répondu à mon invitation. Que Dieu vous inspire la justice au cours de ce concile où nous allons juger Arnoul de Reims.

 


Après avoir choisi parmi eux un président, les évêques nomment Arnoul d’Orléans comme accusateur public.

*  (Arnoul d’Orléans) Par votre trahison et le pillage qui s’ensuivit, Arnoul de Reims, vous avez parjuré et commis le crime de lèse-majesté.

 


*  (Arnoul d’Orléans) Ensuite et malgré l’excommunication lancée contre vous par les évêques, vous avez continué d’exercer vos fonctions.

 


*  (Arnoul d’Orléans) La lecture des canons vous condamnent sans hésitations… Qu’avez-vous à dire pour votre défense, Arnoul de Reims ?

 


*  (Arnoul de Reims) J’invoque pour ma défense que l’affaire aurait dû d’abord être notifiée au Pape pour qu’il se détermine sur l’inculpation qui m’est faite.

 


*  (Arnoul d’Orléans) Sa Majesté Hugues Capet a bien demandé l’avis du Pontife, mais ses courriers sont restés sans réponse…

 


*  (Arnoul d’Orléans) En conséquence, et considérant que d’autres archevêques de Reims ont dans le passé été déposés sans que le Pape intervienne, le concile se trouve donc habilité à vous juger.

 


 Image d’Arnoul de Reims dans la crypte, à genoux et se confessant…

Le lendemain, Arnoul de Reims attendant le verdict dans la crypte de l’abbaye, s’effondre et se confesse…

 


Image d’Arnoul de Reims quittant la crypte entre deux gardes royaux…

La sentence est tombée… Arnoul de Reims, ayant l’assurance d’avoir la vie sauve, accepte de se démettre de l’épiscopat et est remis aux gardes royaux.

 


C’est ainsi qu’Arnoul de Reims retrouve son oncle Charles de Lorraine en prison…

 


Image des évêques dans la salle d’audience…

La place étant devenue vacante, l’assemblée des évêques choisit Gerbert comme nouvel archevêque de Reims…

- (Hugues Capet) Veuillez approcher, Gerbert, vous qui êtes instruit des choses divines et humaines…

 


Image du Pape Jean XV furieux en compagnie d’un de ses légats, l’Abbé Léon…

A Rome, après plusieurs mois…

*  (Le Pape) Comment ? Oser élire un archevêque sans mon accord ?!?

Allez ! Que votre enquête à Reims permette de rétablir au plus vite le droit de Dieu sur Terre…

*  (L’Abbé Léon) Bien, votre Sainteté… Qu’en votre nom et par mon dévouement à la sainte Eglise, la justice de Dieu soit enfin rendue…

 


Image de la délégation papale formée de soldats, de moines et du carrosse dans lequel voyage l’Abbé Léon…

Tandis qu’en 994, l’Abbé Léon, légat du Pape, fait une halte…

- (L’Abbé Léon pensif) Cette affaire est bien préoccupante… Je me demande ce qu’en pense Otton III qui vient d’être déclaré majeur…

 


… un synode se réunit à Chelles, sous la présidence du Roi Robert, fils d’Hugues Capet… Visiblement, l’archevêque Gerbert cherche à renforcer la cohésion du corps épiscopal de France…

*  (Gerbert) … Les décisions seront donc prises ensemble et donneront lieu à la rédaction de décrets collectifs …

 


Image du Roi se levant devant tous les évêques pour donner de l’importance à ses propos…

Le Roi Robert désireux de conclure…

*  (Le Roi Robert) … Aussi, nous allons maintenant ratifier d’une manière irrévocable et collective la déchéance d’Arnoul de Reims ainsi que l’élection de Gerbert comme archevêque de Reims…

 


Image d’une fin d’assemblée où tout le monde se lève et où l’on voit le Roi Robert prenant à part Gerbert…

*  (Le Roi Robert) J’ai ouï dire qu’un légat envoyé par le Pape Jean XV avait décidé de tenir à Mouzon, non loin de Reims, un synode devant statuer sur la justification du procès fait à Arnoul de Reims, ainsi que sur votre nomination.

*  (Gerbert) Votre père Hugues Capet ayant interdit aux évêques du royaume de se rendre à ce synode, qui pourra mieux que moi assurer ma défense ?

 


C’est sur un silence à cette question que le Roi Robert et Gerbert se séparent…

 


Image de Gerbert à cheval…

C’est également dans le silence de cette nuit de juin 995 que Gerbert, désobéissant aux ordres d’Hugues Capet, chevauche vers Mouzon…

 


Image de l’Abbé Léon se levant pour prendre la parole devant une assemblée d’évêques, de moines et de clercs…

Face à l’éloquence de Gerbert, l’Abbé Léon n’arrive pas à convaincre les évêques de réintégrer Arnoul de Reims comme archevêque à la place de Gerbert…

*  (L’Abbé Léon) L’assemblée ne pouvant à ce jour délibérer décide que Gerbert devra aller à Rome pour se justifier.

 


 Image de Gerbert à cheval entouré de quelques moines en route pour l’Italie…

Gerbert ne semble pas le seul à savoir que tous les chemins mènent à Rome…

 


Image d’une intersection de routes où l’on voit d’un côté Gerbert et ses amis, et de l’autre côté le carrosse d’Otton III accompagné de seigneurs, de soldats et de clercs…

… En effet, Otton III s’y rend aussi pour y être couronné Empereur le 21 mai 996 par le nouveau Pape Grégoire V.

 


Image d’une église bondée où l’on voit le Pape déposant la couronne impériale sur la tête d’Otton III et où l’on reconnaît Gerbert assistant à cette cérémonie grandiose.

 


Image de Gerbert lisant un courrier reçu de l’Empereur… On peut d’ailleurs en lire une partie…

Le lendemain…

« … Par la faveur et la clémence divine, Otton, Empereur auguste des Romains, nomme Gerbert, Abbé et Comte de Bobbio au titre de secrétaire… »

 


- (Gerbert à lui-même) Cette nouvelle est une consolation dans le tourment qui m’accable… Il ne me reste plus qu’à regagner la France.

 


En effet, l’entrevue que Gerbert vient d’avoir avec le Pape est un échec, et Grégoire V rédige même une bulle redonnant à Arnoul le titre d’archevêque de Reims…

 


 Image de Gerbert autour à la grande table d’une auberge… un homme visiblement trop abreuvé contemple son gobelet de vin près du feu de la cheminée…

De retour et fatigué, Gerbert s’arrête dans une auberge…

*  (L’homme abreuvé) Le Roi est mort…Hic !…Mais d’où elles viennent toutes ces bulles ?… Hic ! Vive le Roi…

 


Image de l’aubergiste apportant un pichet de vin à Gerbert.

*  (Gerbert) Eh… l’aubergiste ! Que veut dire cet homme là-bas ?

*  (L’aubergiste) Comment ? Vous ne savez donc pas que notre bon Roi Hugues Capet est mort ?

 


Image de Gerbert visiblement effondré prenant sa tête entre ses mains…

 


*  (L’aubergiste) Ne vous mettez pas dans cet état… après la pluie revient le soleil… Tenez ! j’en veux pour preuve le mariage par l’archevêque de Tours du jeune Roi Robert, fils du défunt Hugues, avec une certaine Berthe… je crois.

*  (Gerbert) Berthe… vous dîtes ? La cousine du Prince ?

*  (L’aubergiste) Oh moi… vous savez, les histoires de famille !… Mais qui êtes-vous pour connaître ce détail, vous qui ignoriez la mort du Roi Hugues le 24 octobre 996 ?

 


Image de Gerbert quittant l’auberge sous le regard inquisiteur de l’aubergiste…

 


Image de Crescentius et de ses hommes victorieux sur les remparts du château Saint-Ange…

Pendant ce temps, à Rome, Crescentius, cherchant à dominer la ville, s’empare du château Saint-Ange et s’apprête à marcher sur le Latran, où réside le Pape…

 


*  (Crescentius) Mes amis… EN AVANT ! ! !

 


Image d’un carrosse fuyant l’émeute. On reconnaît la tête du Pape Grégoire V qui se penche au dehors pour regarder une dernière fois Rome…

Le Pape s’étant réfugié à Pavie, Crescentius installe un antipape* au Latran, sous le nom de Jean XVI.

 

* Pape non reconnu par l’Eglise.

 


 Image du Pape ajustant sa mitre sur la tête…

Le Pape Grégoire V, en exil, apprenant le mariage du Roi de France Robert avec une parente décide de réunir un synode à Pavie.

*  ( Le Pape à lui-même) Qu’il en soit ainsi ! la présence des évêques nous permettra également de régler définitivement l’affaire de Reims.

 


Image d’une grande assemblée d’évêques et d’archevêques…

C’est ainsi qu’en février 997 a lieu le synode de Pavie présidé par le Pape Grégoire V.

*  (Le Pape) En conclusion, l’Eglise condamne le Roi de France pour union incestueuse…

 


*  (Le Pape) … et suspend par ailleurs de leur office épiscopal tous les évêques d’Occident ayant participé à la déposition de l’archevêque Arnoul de Reims.

*  (Brouhaha et mécontentements dans l’assemblée) Non !… Ce n’est pas possible ? ! ?

 


Image de Gerbert célébrant seul la messe dans une église vide…

Abandonné de tous, et même de ses amis, Gerbert est de plus en plus seul, mais continue de célébrer l’eucharistie…

 


Image de Gerbert quittant cette grande église ; Sur le parvis, les gens se retournent et fuient son regard…

 


Image d’un moine remettant une lettre à Gerbert étudiant à son bureau…

 


Image de Gerbert se mettant à sourire à la lecture de ce courrier…

*  (Gerbert le lisant à lui-même) … à Gerbert, le plus habile des maîtres, lauréat dans les trois parties de la philosophie (…) PRECEPTEUR d’Otton III ? ! ?

 


Image de Gerbert devant un porche s’apprêtant à quitter Reims et entouré pour l’occasion de ses meilleurs amis…

Peu après, Gerbert, soucieux de ne pas créer un schisme dans l’Eglise de France, décide de rejoindre la Cour impériale d’Otton III.

*  (Gerbert) Amis fidèles, la providence m’appelle à de nouvelles missions…

 


Image de Gerbert seul à cheval et s’éloignant du groupe… Gerbert, au loin se retourne pour regarder une dernière fois ces visages…

*  (Gerbert à lui-même) Que Dieu veille sur Reims et vous garde sous sa protection, Amis de toujours…

 


 Image de retrouvailles chaleureuses à la Cour impériale entre Gerbert et Otton III…

 


Image d’Otton III en compagnie de son précepteur Gerbert…

Durant la saison suivante…

*  (Otton III) Cher Maître et ami, nous reprendrons bientôt cette discussion philosophique, car  il me faut maintenant partir sur le front slave* défendre les frontières de l’Empire.

 

* parfois appelé front de l’Est…

 


C’est en septembre 997, après avoir triomphé des Slaves, que l’armée d’Otton III revient à Aix-la-Chapelle…

*  (Otton III) Qu’il est bon de revenir chez soi en vainqueur, mon cher Gerbert !

 


Tandis qu’en Hongrie, le Prince Etienne, converti au Catholicisme, est en danger, la situation en Italie devient préoccupante…

 


Image d’un forgeron ferrant des chevaux tandis que des soldats vérifient leurs armures…

L’armée impériale semble se préparer à de nouveaux affrontements…

 


Image de l’armée d’Otton III quittant Aix-la-Chapelle, accompagnée d’évêques, de vassaux et de Gerbert…

 


Image du Pape Grégoire V donnant la communion à Otton III qui s’agenouille. On entend résonner dans l’église « GLORIA IN EXCELSIS DEO… »

Otton III, ayant rejoint le Pape Grégoire V toujours en exil à Pavie, ne manque pas de fêter Noël avant de reprendre sa route vers Rome en janvier 998…

 


Image de badauds discutant devant le forum…

Peu après, à Rome…

*  (Un badaud) Si, si… A l’annonce de l’arrivée d’Otton III, Crescentius s’est enfermé dans le château Saint-Ange.

*  (Un autre badaud) Non !

*  (Le premier badaud) Si, si… et le faux Pape Jean XVI a été arrêté.

*  (Le deuxième badaud) Non !

*  (Le premier badaud) Si, si… même que le vrai Pape Grégoire V a repris ses fonctions au Latran.

*  (Le deuxième badaud) Ah ! bon… Alors, VIVE LE PAPE ! euh… lequel est le bon, déjà…

 


Image d’une grande rue de Rome, chaude et pleine de monde accourant voir l’antipape Jean XVI, sur un âne, duquel il doit tenir la queue… Il est ainsi promené les yeux crevés, le nez, la langue et les oreilles coupées…

Au même moment, dans la Rome éternelle…

*  (Un soldat ironique) Laissez passer sa Grandeur qui va voir Crescentius être décapité sur la place… Ah ! Ah ! Ah !

 


Image de cette même grande rue, la nuit étant tombée, calme et sans une seule personne….

Après un aussi triste spectacle, chacun repart avec sa conscience, accusant le Pape Grégoire V de n’avoir pas eu pitié de son rival…

 


 Image d’Otton III en discussion avec le Pape Grégoire V…

Otton III, lui, rétablit l’ordre et oblige les propriétaires laïcs à restituer les biens qu’ils ont auparavant volés à l’Eglise…

*  (Otton III) … De même, après ce qui s’est passé ici, je vous demande de nommer mon maître Gerbert au titre d’archevêque de Ravenne*. Sa sagesse ne peut qu’apaiser les esprits…

 

* Deuxième ville riche et influente d’Italie après Rome.

 


Image de Gerbert au milieu de ses évêques, et parlant d’une manière un peu solennelle…

Ainsi, Gerbert, devenu archevêque de Ravenne le 28 avril 998, à la tête de nombreux comtés et abbayes comme celle de Bobbio, ne tarde pas à reprendre sa lutte contre la simonie*…

 

- (Gerbert) Au terme du synode de Pavie présidé en septembre par l’Empereur Otton III, est promulguée une réforme visant à empêcher les seigneurs laïcs de s’approprier les richesses et les biens appartenant à l’Eglise ; Les contrats contraires aux intérêts de l’Eglise ne sauraient avoir de valeur.

 

* Trafic d’objets sacrés, de biens spirituels ou de charges ecclésiastiques.

 


Image de tous les clochers de Rome, vu de la colline du Palatin…

Mais le 18 février 999, toutes les cloches de Rome se mettent tristement à résonner, faisant vibrer la voûte céleste…

 


 Image de la façade d’une église vue d’un ciel très sombre et dont le porche est recouvert d’une immense tenture noire…

En effet, à l’annonce de la mort « soudaine » de Grégoire V à l’âge de 29 ans, il semble que la Terre et le Ciel se soient rejoints pour porter ensemble le deuil du défunt Pape…

 


Même image que la précédente, mais avec une place plus importante pour les nuages sombres, qui se déchirent pour laisser place d’une manière un peu fugitive et imagée à un char du Roi Soleil au grand galop, formé de 4 chevaux et conduit par une silhouette (dans le style de Ben-Hur)…

Gerbert et Otton III s’empressent de retourner à Rome, afin d’éviter l’élection d’un « antipape ».

 


Image d’Otton III entouré de nombreux évêques et archevêques…

Deux jours plus tard, après avoir consulté tous les Grands de ce monde, Otton III nomme Gerbert dans sa soixantième année au trône de Saint-Pierre…

 


Image d’Otton III debout posant solennellement la mitre papale sur la tête de Gerbert à genoux… L’église est pleine à craquer…

Ainsi, le 9 avril 999, jour de Pâques, le nouveau Pape Gerbert est consacré sous le nom de SYLVESTRE II dans la basilique Saint Pierre de Rome…

 


Image de Sylvestre II et d’Arnoul de Reims dans un bureau comprenant un crucifix…

Le nouveau Pape, voulant régler les affaires en cours, est brusquement ramené dans le passé par une certaine ironie du sort…

*  (Sylvestre II se tournant vers la croix) …Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés…

*  (Arnoul terminant la prière tandis que Sylvestre II s’est arrêté) …et ne nous soumets pas à la tentation, …

*  (Sylvestre II et Arnoul reprenant ensemble la prière) …mais délivre-nous du Mal, Amen.

*  (Sylvestre II) Par la grâce de Dieu, Arnoul, soyez donc rétabli dans votre dignité première comme archevêque de Reims…

 


Image d’Otton III et de Sylvestre II en grande discussion…

De même, le passé semble vouloir réveiller un triste souvenir d’Otton III…

*  (Otton III) Je vous remercie de m’avoir fait prévenir que le demi-frère de feu mon ami Adalbert mort en Prusse était arrivé à Rome…

*  (Sylvestre II) Oui, Gaudentius est envoyé par le Duc polonais Boleslas Chobry, lequel a enterré Adalbert, le saint missionnaire, à Gniezno il y a deux ans déjà…

*  (Otton III) Et que veut-il ?

*  (Sylvestre II) Le Duc, voulant échapper à l’influence de l’archevêché allemand de Magdebourg, sollicite la création d’un archevêché polonais à Gniezno.

*  (Otton III) Qu’il en soit ainsi… Gaudentius sera « archevêque de Saint-Adalbert », et bientôt, je partirai chercher les reliques d’Adalbert en Pologne…

 


 Image d’Otton III, reçu en Pologne avec faste par le prince Boleslas et arrivant pieds nus dans la neige au tombeau d’Adalbert…

Malgré ses prières, Otton III n’obtient pas les reliques d’Adalbert mais accepte d’étendre l’autorité du nouvel archevêque Gaudentius sur trois nouveaux évêchés, dont celui de Cracovie…

*  (Le Duc Boleslas) Soyez le bienvenu en Pologne, « auguste pèlerin » …

 


A la nuit tombante, devant une grande cheminée allumée du château, Otton III et Boceslas trinquent tous deux chaleureusement…

*  (Otton III) Quand nous serons à Aix-la-Chapelle, cher Duc, je ferai rechercher le caveau du grand Charlemagne…

 

Image d’Otton III remettant le trône d’or de Charlemagne à Boleslas… On y aperçoit un tombeau, ainsi qu’un soldat se tenant derrière Otton III ; Ce soldat tient un bras d’Adalbert…

Ainsi, à Aix-la-Chapelle, le tombeau est découvert quelques semaines plus tard…

*  (Otton III) Tenez, voici le trône d’or du grand Charlemagne que j’ai le plaisir de vous remettre en remerciement des précieuses reliques de Saint Adalbert que vous m’avez offertes.

 


De retour en Italie, Otton III doit faire face à de nouveaux soulèvements indépendantistes dans Rome l’obligeant à fuir à Ravenne…

*  (Otton III pensif) Si je n’étais pas Empereur, je serais religieux…

 


De son côté, Sylvestre II reçoit Astric, ancien compagnon d’Adalbert récemment nommé archevêque en Hongrie par Otton III…

*  (Astric) Je suis envoyé par le Prince Etienne, de Hongrie…

 


Image d’un sacre…

Quelques mois après, le 15 août 1001, le Prince Etienne est sacré Roi de Hongrie avec la bénédiction papale et l’accord d’Otton III…

 


Image d’Otton III à cheval, prêt à partir, tandis qu’un moine nommé Romuald essaie de le retenir…

Tandis que les Eglises nationales de Pologne et de Hongrie sont nées en Europe, Otton III espére bien rétablir la situation à Rome…

*  (Le moine) Si vous retournez à Rome, jamais vous n’en reviendrez…

*  (Otton III) Cher Romuald, lorsque je reviendrai, ce sera pour servir Dieu, et lui seul.

 


Image d’Otton III alité et mourant dans la tente impériale…

Mais peu après, Otton III, tombé gravement malade, meurt le 24 janvier 1002 à l’âge de 22 ans. Celui que l’on surnomme « LA MERVEILLE DU MONDE » sera enterré à Aix-la-Chapelle…

 


Image (gros plan) d’une main posée sur la Bible…

Rome, de son côté, retrouve son indépendance, tandis que Sylvestre II… (les mots sont impuissants à décrire sa douleur… PRIEZ pour lui…).

 


Image d’une partie de l’épitaphe gravée sur la tombe de Sylvestre II…

Bien que Sylvestre II ait retrouvé quelques forces pour s’occuper des affaires courantes, un malaise le surprend et l’emmène dans la tombe le 12 mai 1003…

« …LE CESAR, OTTON III, AUQUEL GERBERT FUT TOUJOURS FIDELE ET DEVOUE, LUI OFFRIT L’EGLISE DE ROME POUR DEVENIR LE PASTEUR DE L’UNIVERS. ILS ILLUSTRENT L’UN ET L’AUTRE LEUR TEMPS PAR L’ECLAT DE LEUR SAGESSE... ». *

 

* Epitaphe toujours visible à Rome en la basilique Saint Jean de Latran.

 

 

 

 


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BIBLIOGRAPHIE

 

 

« GERBERT D’AURILLAC, Le pape de l’an mil » de Pierre RICHE

 

 

« OTHON III … La merveille du monde » d’Ernest HUANT

 

 

« HISTOIRE DE FRANCE » de Georges DUBY